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Evénements et actualités
Yom Hashoah 2008
Pour le soixantième anniversaire de l’Etat d’Israël, Yad Vashem
a voulu marquer cette date par un Yom Hashoah un peu différent des autres
années. Tout d’abord, juste avant les cérémonies du Jour du Souvenir, une
nouvelle exposition - "Notre Patrie" – présentant la contribution des
rescapés de la Shoah à la création de l’Etat d’Israël, fut inaugurée, au
Pavillon des Expositions temporaires. Nos invités ont donc été les
premiers à découvrir cette nouvelle exposition qui ne relate pas la
période de la guerre mais l’après guerre dans le nouvel Etat d’Israël tout
juste créé. L’ouverture des Cérémonies s’est déroulée le mercredi 30 avril
au soir, sur la place du Ghetto de Varsovie de Yad Vashem, en présence du
Président de l’Etat, Monsieur Shimon Peres, du Premier Ministre, Ehud
Olmert, de nombreux ministres, diplomates et personnalités. Les rescapés
de la Shoah choisis pour allumer les six torches de la mémoire avaient
tous pris une part importante dans l’histoire de leur jeune Etat et c’est
un morceau de l’histoire d’Israël que nous avons pu découvrir à travers
eux.
Le lendemain 1er mai, la délégation venue de France, de Belgique et
d’Italie a pu assister au dépôt de gerbes et lire les noms de leurs
proches dans la Crypte du Souvenir. Parmi les personnes venus de
l’étranger pour ces Cérémonies, on pouvait noter la présence d’Yvette
Blaiberg-Graubart, Présidente des Amis Belges de Yad Vashem, Monsieur et
Madame Kaufman de Belgique, Mesdames Ottolenghi et Barbon d’Italie et nos
amis Maxi Librati, Lucie Bialer, Maurice Erréra, Jeanne Sigée, André,
Myriam et Julie Benichou de France. Les familles Luski et Driay d’Israel
étaient également venus nous rejoindre.

Madame Bialer et Monsieur Maxi Librati
déposent la grebe du Comité français pour Yad Vashem.

Madame Kaufman (à gauche sur la photo)
et Madame Yvette Blaiberg-Graubart,
déposent la grebe des Amis belges de Yad Vashem.

Parmi les invité au Yom Hashoah, de
gauche à droite : Jeanne Sigée, Elisabetta
Ottolenghi (aux côtés de Miry Gross),
Daniela Barbon, Maxi Librati,
Yvette Blaiberg-Graubart, Lucie Bialer,
Maurice Errera, Renée Kaufman et Josef Kaufman.
Le 5 mai, une journée spéciale "soixantième anniversaire d’Israël" était
organisée pour nos amis de l’étranger sur le site de Yad Vashem, et sur
les traces des rescapés de la Shoah. Lors de cette visite, la délégation a
pu découvrir des aspects peu connus de l’histoire de la Shoah grâce à
certains documents rares des Archives de Yad Vashem auxquels ils ont eu
accès et certaines œuvres du Musée d’Art. Une Cérémonie en présence du
Ministre de la Défense, Ehud Barak, a rendu hommage aux rescapés de la
Shoah, derniers survivants de leur famille et qui ont combattu lors de la
guerre d’indépendance. La journée s’est terminé par un Dîner offert à une
centaine de nos invités étrangers qui ont pu découvrir le nouveau film de
présentation de Yad Vashem pour l’année 2008 et certains films tournés
entre 1948 et 1953 illustrant notamment la création de Yad Vashem.

Lors du dîner du 5 mai dernier à Yad Vashem,
de gauche à droite : Messieurs Maxi Librati
et Avner Shalev, Mesdames Yvette
Blaiberg-Graubart et Miry Gross et Monsieur
et Madame Kaufman.
"Soyons
chacun de nous
une petite lumière de Yad Vashem"
C’est à l’occasion de la "Journée internationale du souvenir de la
Shoah" organisée pour la première fois à la maison de l’UNESCO à Paris, le
28 janvier dernier, que le Ministre de l’Education Nationale, Monsieur
Xavier Darcos a appelé chacun à être une petite lumière de Yad Vashem et à
relever le défi de la mémoire : " Nous prenons l’engagement solennel de ne
jamais oublier l’histoire, aussi insupportable soit-elle, et de
l’enseigner à nos enfants. A un moment où le temps éteint peu à peu le
souffle des témoins (…) soyons chacun de nous une petite lumière de Yad
Vashem".

Monsieur Koïchiro Matsuura lors de son discours, entouré de
S. E. Monsieur David Kornbluth, Madame Miry Gross, Messieurs Isaac Herzog
et Serge Klarsfeld
Cette "Journée internationale du souvenir de la Shoah" instituée en 2005
par l’Organisation des Nations Unies (ONU) et adoptée par la Conférence
Générale de l’UNESCO le 23 novembre dernier est la preuve que la
communauté internationale est désormais consciente de l’importance de
transmettre la mémoire de la Shoah aux futures générations. Monsieur
Koïchiro Matsuura, Directeur Général de l’UNESCO, a proposé de développer,
par l’éducation, une forme de mémoire préventive : " Cette fonction
éducative est aujourd’hui au cœur de nos préoccupations car elle est
d’abord, pour les jeunes générations, un apprentissage de la liberté, de
la tolérance et de l’intelligence historique". Soulignant le travail
de mémoire réalisé par Yad Vashem depuis de nombreuses années, il a
poursuivit : "Mettre des noms sur des visages, reconstituer les lieux
et les parcours, c’est en effet rétablir les disparus dans leur dignité
humaine. C’est aussi aider chacun d’entre nous à mieux comprendre, et donc
à ne pas oublier".

Vue générale de l’exposition : Auschwitz : les
profondeurs de l’abîm
Yad Vashem était en effet présent lors de cette journée internationale où
fut présentée une exposition conçue et réalisée par notre institut :
"Auschwitz :
les profondeurs de l’abîme". Cette exposition propose un double
regard pictural et photographique sur l’univers du camp d’extermination
Auschwitz-Birkenau, non pas d’après des souvenirs d’après guerre mais
d’après des documents contemporains de l’événement. D’un côté, des croquis
réalisés en janvier 1945 par le peintre Zinovii Tolkatchev, caporal dans
l’Armée rouge, et chargé d’illustrer la libération du camp. De l’autre,
l’Album d’Auschwitz, des photos prises par les nazis sur la rampe de
Birkenau, lors de l’arrivée des Juifs de Hongrie pendant l’été 1944. Ces
deux témoignages sont des documents rares saisis presque miraculeusement
du plus profond de l’abîme et transmis à Yad Vashem pour que le monde
sache.

Madame Miry Gross lors de son discours, entourée de
Monsieur Koïchiro Matsuura, S. E. Monsieur David Kornbluth et Monsieur
Isaac Herzog.
Madame Miry Gross, Directrice du Bureau francophone de Yad Vashem,
remercia tous ceux qui ont honoré de leur présence cette inauguration et
la replaça dans le contexte général de la politique de mémoire de Yad
Vashem tournée vers l’avenir et multipliant les coopérations avec tous les
acteurs de la mémoire à travers le monde : "A l’heure où nous
inaugurons ensemble cette exposition, un
congrès international
de la jeunesse, sous le patronage de l’UNESCO, se tient à Yad
Vashem, à Jérusalem et rassemble des jeunes militants de la mémoire de
soixante deux pays qui signeront une charte et seront les ambassadeurs de
la mémoire de la Shoah auprès des jeunes de leur génération. C’est pour
nous, Yad Vashem, l’Institut Commémoratif des Martyrs et des Héros de la
Shoah à Jérusalem, un grand honneur et un grand réconfort que de pouvoir
présenter cette exposition à la maison de l’UNESCO, et d’engager avec
cette institution humanitaire une véritable coopération au plan
international dans le domaine de l’éducation et de la préservation de la
mémoire de la Shoah pour les générations futures".
Parmi les nombreuses personnalités présentes, Madame Simone Veil,
Présidente d’Honneur de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, témoigna
de sa propre expérience comme déportée de France qui connut cet abîme du
camp d’Auschwitz-Birkenau. Monsieur Isaac Herzog, Ministre israélien des
Affaires Sociales, de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme
rappela l’histoire de sa propre cousine,
Annette
Goldberg, une jeune fille française déportée de France et morte en
déportation..
Aux côtés de Monsieur David Kornbluth, ambassadeur d’Israël auprès de
l’UNESCO, qui fut à l’initiative de cette manifestation, on pouvait noter
la présence de Messieurs David de Rothschild, Serge Klarsfeld et Patrick
de Carolis, Président de France Télévision, ainsi que Mesdames Corinne
Champagner-Katz, Présidente du Comité Français pour Yad Vashem et Yvette
Graubart-Blaiberg, Présidente des Amis Belges de Yad Vashem.
Le Président de la République française Nicolas Sarkozy a honoré Yad
Vashem le 25 octobre 2007 à l’Elysée
Légion d’Honneur : Le 25 octobre dernier, Monsieur Avner Shalev a été
promu au rang de Chevalier de la Légion d’Honneur, et décoré par Monsieur
Nicolas Sarkozy, Président de la République, lors d’une cérémonie privée à
l’Elysée. C’est plus de cinquante ans de travail de mémoire, en Israël et
à travers le monde, qui sont ainsi reconnus par les plus hautes autorités
françaises. A cette occasion, un Dîner de Gala, au profit de Yad Vashem a
été organisé à Paris, le 28 octobre dernier, pour nos amis de France.
Au son de la musique Kleizmer, en présence de hautes personnalités de
France et d'Israël, lors de ce gala exceptionnel, un film a présenté
toutes les réalisations actuelles et à venir de Yad Vashem au service de
la transmission de la mémoire de la Shoah pour les futures générations.
Comme l'a si bien dit Nicolas Sarkozy lors de son discours d'investiture :
« J'ai changé quand j'ai visité le mémorial de Yad Vashem dédié aux
victimes de la Shoah. (...) Je me suis dit alors que c'était cela la
politique : faire barrage à la folie des hommes en refusant de se laisser
emporter par elle. »
Il a fallu un travail de plus de cinquante ans pour que la mémoire de la
Shoah réalisé par Yad Vashem et d'autres organismes dans le monde,
devienne une référence morale de paix et de tolérance pour les hommes et
les femmes qui sont en charge de l'avenir de leur peuple dans la plupart
des pays du monde.
Mais il faut continuer notre mission pour que le flambeau de la mémoire
soit repris par la génération montante : c'est la garantie d'un avenir de
paix et de tolérance, et c'est le devoir de chacun d'entre nous de
soutenir ce défi.
Monsieur Avner Shalev, Président de Yad Vashem, et Madame Miry
Gross, Directrice des relations avec les pays francophones, remercient
tous leurs amis de France et de Belgique qui ont participé au Dîner de
Gala du 28 octobre dernier et sont revenus à Jérusalem, fort du soutien de
tous leurs amis de France qui furent depuis toujours les sentinelles de la
mémoires de la Shoah ; hier, par fidélité à leurs disparus, aujourd'hui,
par fidélité aux prochaines générations
Justes de France : de
l’Elysée au Panthéon
Jeudi 18 janvier 2007, dans la crypte du Panthéon, le Président de
la République, Monsieur Jacques Chirac, accompagné de Madame Simone Veil, Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, réalisèrent un
acte symbolique à portée historique en introduisant dans le Panthéon des grands
hommes de l’histoire de France ceux qui ont sauvé des
Juifs au péril de leur vie pendant la Shoah. Une plaque rappelle désormais l’action des
Justes de France et permet d’immortaliser leur acte de courage.
Le 20 novembre dernier, Jacques Chirac avait annoncé son intention au
Ministre de la Culture en ces termes : « Le mémorial Yad Vashem de
Jérusalem décerne le titre de "Justes parmi les Nations" aux personnes
ayant, pendant la Seconde Guerre mondiale, sauvé des juifs persécutés, au
péril de leur vie. (…) Il est légitime aujourd’hui que la Nation rende
hommage à tous ceux qui ont, avec la Résistance, incarné sur notre
territoire l’honneur de la France et la fidélité aux idéaux républicains
pendant l’Occupation ».
Le 16 juillet 1995, lors de la cérémonie commémorant la rafle du Vel d’Hiv
des 16 et 17 juillet 1942, le Président Chirac avait entamé pour la
première fois, cinquante ans après la libération, le premier acte de
reconnaissance de la responsabilité de la France face à la persécution des
Juifs pendant la Shoah. Désormais le travail de mémoire était impulsé au
plus haut niveau de l’Etat donnant le jour en l’an 2000 à la Fondation
pour la Mémoire de la Shoah présidée par Madame Simone Veil. Parallèlement
à la reconnaissance des responsabilités de Vichy, le rôle positif des
Justes de France était également mis en avant. En février 2003, Yad Vashem
était invité à l’Elysée pour remettre au Président le "Dictionnaire des
Justes de France" et en juin 2006 le mur des Justes était inauguré dans le
quartier du Marais à Paris, près du Mémorial de la Shoah. L’entrée des
Justes au Panthéon s’inscrit dans ce travail de mémoire exemplaire qui
doit se poursuivre, principalement en direction des écoles et des
universités afin de faire de la mémoire de la Shoah un des fondements de
la démocratie.

« Aujourd'hui, pour cet hommage de la
Nation aux Justes de France, reconnus ou anonymes, nous sommes rassemblés
pour évoquer notre passé, mais aussi pour enrichir notre présent et notre
avenir. "Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier", dit le
Talmud, devise qui d'ailleurs orne la médaille des Justes. Il faut en
comprendre toute la force : en sauvant une personne, chaque Juste a, en quelque sorte, sauvé l'humanité. Cette mémoire, soyez-en certains, soyez-en
fiers, elle perdurera de génération en génération. » Jacques Chirac.
« Les Justes de France pensaient avoir simplement traversé l’Histoire. En
réalité, ils l’ont écrite. De toutes les voix de la guerre, leurs voix
étaient celles que l’on entendait le moins, à peine un murmure, qu’il
fallait souvent solliciter. Il était temps que nous les entendions. Il
était temps que nous leur exprimions notre reconnaissance. » Simone Veil.
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