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René Diaz - “Des croquis pour L’histoire”
chronique du procès Klaus Barbie

 

l’écrivain Elie Wiesel.

Une exposition d’une sélection des esquisses dessinées par le « croqueur de procès », René Diaz lors du procès du criminel de guerre Klaus Barbie, aura lieu dans le foyer de l’Auditorium de Yad Vashem le 17 octobre 2006. Outre leur qualité artistique, ces documents éclairent le déroulement de ce procès unique, à travers des portraits des différents acteurs, des tableaux des temps forts des audiences et constituent ainsi un témoignage artistique extraordinaire. Une conférence, portant sur l’influence du procès Barbie sur la commémoration de la Shoah aura lieu suite à l’inauguration, avec la participation de l’artiste René Diaz, Serge Klarsfeld, responsable, avec Beate Klarsfeld, de la capture de Klaus Barbie et du Président du Comité français pour Yad Vashem, Richard Prasquier.


Les croquis en exposition font partie d’une exposition plus importante que René Diaz a dessiné pendant les huit semaines du Procès Barbie en 1987. Ils furent exposés au Musée de la Déportation et de la Résistance de Lyon puis généreusement donnés par l’artiste au Musée d’art de Yad Vashem.

 

 

René Diaz, artiste, dessinateur, journaliste

Né à Saint-Étienne en 1926, René Diaz a 7 ans lorsque ses parents s’installent en Espagne. Adolescent, il découvre sa vocation artistique auprès du professeur Juan Guadrado-Ruiz. Il participe à la création du groupe Indaliano avec le peintre sculpteur Jesus de Perceval. A 18 ans, il part perfectionner son art à Barcelone et suit les cours de l’Ecole des arts et métiers artistiques et s’initie à la céramique aux côtés de Manuel Pastor. Il fonde en 1948 le groupe Prat et devient illustrateur pour le journal Diario de Barcelona, avant de revenir en France à la fin de l’année 1949.

Me Sylvia Zimmerman et Me Serge Klarsfeld.

En 1957, rené Diaz entre au journal Le Progrès en qualité de reporter-dessinateur et illustrera pour ce journal tous les comptes rendus d’audiences et les grands procès. La loi française interdisant tout appareil photographique caméra ou micro dans l’enceinte des tribunaux, les journaux recourent aux dessinateurs de presse, auteurs des seules images qui soient accessibles au public.  Ainsi, en 1987, René Diaz est sollicité par Le Progrès pour couvrir le procès Barbie et devient également le correspondant de deux agences de presse étrangères. De ces huit semaines d’audiences, le journaliste-dessinateur a rapporté plus de cent soixante croquis qui sont autant d’instantanés, témoignages exceptionnels du déroulement du procès. Dans sa maîtrise de « l’art de l’instant », l’artiste parvient à saisir en quelques traits l’intensité des regards, la position des mains, les sentiments de chaque personnage, et à restituer avec justesse et profondeur le drame qui se joue.

Publiés au jour le jour, certains de ces portraits ont également illustré le recueil Chronique du procès Barbie paru aux éditions du Cerf.

Retravaillés et stylisés dans le cadre d’un travail plus personnel, ces croquis ont été rassemblés par René Diaz en soixante-seize dessins au fusain, donnés par l’artiste au Musée d’Art de Yad Vashem. Ces dessins, dont une sélection est présentée dans le cadre de cette exposition permettent au spectateur de découvrir le procès à travers les yeux de l’artiste.

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L’accusé, Klaus Barbie, arrive au banc des accusés.

Le procès Klaus Barbie

Le criminel de guerre Klaus Barbie est né en 1913 à Bad Godesberg, en Allemagne. En 1932, il adhère au parti nazi, puis en 1935 rejoint les SS et le SD. Suite à l’occupation du sud de la France par les Allemands en 1942, il est nommé chef de la Gestapo de Lyon.

Barbie commande des opérations d’arrestation, de torture, de déportation et d’exécution de milliers de juifs et de membres de la Résistance. Connu pour sa cruauté, il est surnommé « Le boucher de Lyon ».

Après la guerre, en 1945, Barbie devient agent des services américains de contre-espionnage en Allemagne. En 1951, il émigre en Bolivie et s’installe à La Paz, la capitale, sous le pseudonyme de « Klaus Altman ».

Lors des années 1952 et 1954, Barbie est jugé par contumace. Les deux fois, il est reconnu coupable de crimes de guerre. En 1971, il est identifié et démasqué par Beate Klarsfled, mais malgré les demandes répétées d’extradition, ce n’est qu’en 1983 qu’il est expulsé de Bolivie en France.

En 1987, Barbie est jugé pour crimes contre l’humanité, crimes imprescriptibles:

  • Responsable de la rafle de l’UGIF (Union Générale des Israélites de France) à Lyon, au cours de laquelle 85 Juifs furent arrêtés et déportés à Auschwitz.

  • Responsable de l’arrestation et de la déportation de 44 enfants juifs cachés à Izieu, dans l’Ain.

  • Responsable du dernier convoi des Juifs de Lyon vers Auschwitz en 1944.

Barbie est accusé de la déportation de 842 hommes de Lyon, Juifs et membres de la Résistance française. Il fut notamment le tortionnaire de Jean Moulin, chef du Conseil national de la  Résistance.

 Le 4 juillet 1987, Barbie est déclaré coupable de crimes contre l’humanité et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Il meurt en prison en 1991, des suites d’un cancer.

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